Quand nous parlons des droits de l’homme, de quel homme parlons-nous ? Et de quels droits ?
Droits de « l’homme, animal » ?
De son droit à la vie, à la santé ?
Le droit, le plaisir ou la grâce de ne faire qu’un avec le mouvement présent de la vie qui se donne ?
Droits de « l’homme, animal rationnel » ?
De son droit à la liberté, à la question, à la cohérence, à la vérité ? Le droit, la liberté ou la grâce d’être un avec la conscience qui nous rend libre ?
Droits de « l’homme, animal rationnel qui a un cœur » ?
De son droit d’aimer, et d’être aimé ?
Le droit, le bonheur ou la grâce d'être un avec l’Être qui nous est donné, capable de se donner.
Droits de « l’homme, animal qui a une raison, un cœur, mais aussi un esprit » ?
De son droit à la contemplation, à la lumière, à l’éveil ?
Le droit ou la grâce de goûter au-delà du plaisir et du bonheur, la joie.
Droits de « l’homme, animal qui a une raison, un cœur, un esprit, mais encore un Saint Esprit » ?
Droit de demeurer ouvert à l’infini ? Le droit ou la grâce, au-delà du plaisir, du bonheur et de la joie, d’être bienheureux.
Quand on ne se donne pas la vie à soi-même, ni la conscience, ni l’amour, ni la contemplation ni la béatitude, peut-on prétendre avoir des droits ?
En cet instant, chacun peut se poser la question, respirer plus doucement, d’où vient cet inspir ? Qu’est-ce qui fait être cet univers qui me le transmet ?
Nous avons le droit, la liberté de reconnaître « que tout est grâce », que tout est don.
D’où nous vient en effet, cette vie, cette intelligence, cette capacité d’aimer, de contempler, de demeurer là, dans l’ouvert ?
Si nous savions !
Nous retrouverions le droit à la louange et l’accès à la plus haute connaissance :
denken, danken : penser, c’est remercier.
Remercier ce pouvoir qui nous a été donné de nous servir des obstacles qui nous empêchent de grandir et d’être ce que nous sommes, pour grandir et être ce que nous sommes.
- Jean Yves Leloup, Juillet 2023
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